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Accueil > Campagnes > Légalisation des plantes thérapeutiques et thérapies alternatives

Allemagne, Italie, Suisse : quelques avancées pour l’accès au cannabis

Un vent de légalisation du cannabis souffle sur la Suisse, annonce Céline Zünd dans le quotidien suisse Le Temps. Elle remarque que "Le nombre de villes souhaitant réguler le marché de la marijuana augmente. A Genève, une commission planche sur un projet d’association de consommateurs. Le Conseil fédéral se montre prudent. Même le président américain, Barack Obama, l’a fait. Il a fumé des joints dans ses jeunes années. Surtout, il a fermé les yeux sur la décision de deux Etats, le Colorado et Washington, de légaliser l’usage récréatif de cannabis, malgré une interdiction fédérale de cette substance. ".

Cet été, on apprenait que la justice allemande autorisait la culture de cannabis à des fins médicales, pour peu que les patients justifient leur requête au cas par cas.

Cinq patients souffrant de douleurs chroniques avaient déposé un recours contre le refus, par l’Institut fédéral du médicament (BfArM), de les autoriser à cultiver du cannabis pour se soigner.

Aucun n’avait les moyens d’acheter cette drogue, non prise en charge par leur assurance-maladie. Raisonnant dossier par dossier, les magistrats du tribunal administratif de Cologne ont donné mardi raison à trois patients et débouté les deux autres. Pour les deux rejets, les magistrats ont déploré, dans le premier cas, que le patient ne puisse garantir qu’aucun tiers n’ait accès aux plants cultivés, et dans le deuxième cas, que le patient n’ait pas épuisé les alternatives thérapeutiques.

Le BfArM et les patients déboutés ont un mois pour faire appel devant la Cour administrative de Münster, dans un pays où l’usage du cannabis sans dérogation médicale demeure prohibé.

L’instance suprême de recours, en cassation, est le Tribunal administratif fédéral.

La législation évolue dans de nombreux pays occidentaux sur l’usage thérapeutique de la marijuana, qui soulage notamment les patients souffrant de cancer, glaucome, du sida, de l’hépatite C ou de la maladie de Parkinson.

En juillet, New York est devenu le 23e Etat des Etats-Unis à légaliser l’emploi du cannabis à des fins médicales.

(Source AFP)

Tandis qu’en Italie, au lendemain de la visite de Manuel Valls, leQuotidien du Médecin décrit les évolutions rapides pour faciliter l’accès au cannabis médicinal grâce à un accord entre les ministères de la Santé et de la Défense.

L’adoption la semaine dernière d’un dispositif gouvernemental autorisant la culture du cannabis à des fins thérapeutiques, a brisé un tabou qui pénalisait les patients et plombait les comptes de la sécurité sociale italienne.

« Il ne s’agit pas de libéraliser la marijuana mais de faire preuve d’ouverture d’un point de vue pharmacologique et médical », a toutefois souligné la ministre de la Santé, Beatrice Lorenzin. Selon l’accord peaufiné à la fin de l’été par les ministères de la Défense et de la Santé, seule l’armée pourra cultiver la marijuana et dans des conditions particulières.
Un coût trop exorbitant pour la sécu

Depuis l’adoption en 2010 de la loi antidouleur, les patients atteints de pathologie importantes et particulièrement douloureuses, peuvent avoir accès aux traitements à base de cannabis dont les propriétés antidouleur sont reconnues par la communauté médicale internationale. Mais seulement en théorie, le coût exorbitant de ce type de produits pris en charge par la sécurité sociale italienne imposant des restrictions au niveau du nombre d’utilisateurs. Une enquête réalisée par un site médical italien a révélé que seulement une soixantaine de patients ont accès, en l’état actuel, aux protocoles antidouleur à base de cannabis.

Selon les calculs des experts, le cannabis made in Italie devrait faire chuter les prix des médicaments. À titre d’exemple, une ampoule remplie d’un produit pharmaceutique à base de cannabis peut coûter jusqu’à 700 euros. Trop pour la sécurité sociale italienne dont les comptes sont déjà complètement plombés par les coupes budgétaires et les erreurs de gestion dans le service public. À l’origine de ces prix exorbitants, l’obligation pour l’Italie et l’ensemble de la chaîne pharmaceutique d’importer la totalité de ses besoins pharmaceutiques de cannabis. Pour mettre un terme à cette dépendance qui se traduit par une réduction du nombre de patients ayant accès aux médicaments remboursés par la sécurité sociale, le gouvernement a décidé de monter ses propres plantations.
Première production au printemps

Selon l’accord peaufiné par les ministres de la Défense et de la Santé impliqués dans ce dossier, la marijuana sera cultivée dans les établissements chimiques de l’armée situés à Florence et construits en 1853 lors de la création à Turin d’un dépôt pharmaceutique militaire. Le gouvernement prévoit de lancer les premiers médicaments dès le printemps prochain. « La marijuana est un excellent produit, un sédatif qui agit contre la nausée et les vomissements, par exemple. Mais comme il s’agit aussi d’une substance classée dans la catégorie des stupéfiants, on a toujours un peu peur de l’utiliser », estime Umberto Veronesi. L’ancien ministre de la Santé et cancérologue, ajoute : « Le même problème s’est posé pendant des années avec la morphine, un autre antidouleur important, interdite pour des questions d’ordre moral. Cultiver et utiliser la marijuana est une bonne chose, si c’est à des fins thérapeutiques. »

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