Le Pr Costentin désavoué par les académies de la Pharmacie et de Médecine
Enfin !
Enfin, comme le soulignait cet article de Newsweed le Pr Costentin va cesser de donner des leçons à la terre entière en se revendiquant de la science tel qu’on le présente à l’Agence de Lutte contre le Dopage [1], en étalant sa médiocrité et trop souvent ses méconnaissances en ce qui concerne l’usage de drogues. Ses grandes envolées lyriques et son érudition biaisée par son aveuglement sectaire ne suffiront plus à masquer son ignorance crasse.
On peut saluer la réaction de nombreuses personnalités, sous la houlette du président d’Addiction France le Dr Bernard Basset, qui ont co-signées cette lettre ouverte interpellant les deux académies pour leur demander de se désolidariser.
Car pour qui aime la science en particulier la médecine, c’est un communiqué que l’on attendait depuis longtemps, tant on pensait que cette institution, l’Académie Nationale de Médecine, validait par défaut les interventions publiques de ce Professeur aux diplômes en carton. Soit il abusait de sa position d’homme de science pour exprimer ses délires anti-drogues, soit il détournait la science au profit d’une politique en échec, notamment du fait d’un aveuglement à ne pas reconnaître les avancées probantes de la politique de réduction des dommages et des risques.
Il faut espérer que nous allons pouvoir enfin dépasser les attaques ignobles dont le Pr Costentin était le fer-de-lance, parfois "le conseiller" de nombreux responsables politiques qui se laissaient bercer par ses sornettes alarmistes et abuser par ses argumentations douteuses.
Enfin, il faut mettre le Pr Costentin à la retraite et ne plus faire appel à lui pour valider un point de vue en "contre", car ses démonstrations sont contre-productives. Les partisans de la légalisation du cannabis et plus largement de la dépénalisation de l’usage de drogues ne sont pas des prosélytes, au contraire, ils défendent -par la régulation du marché- une politique publique qui replace sous contrôle ces produits pour mieux en combattre les effets délétères quand ils sont consommés sans en connaitre la qualité, ni la dosage et les informations basiques relatives à leur usage.
Communiqué de l’Académie nationale de médecine [2]
25 février 2025
L’Académie nationale de médecine condamne fermement la position éthiquement inacceptable, complétée par des attaques personnelles, exprimée par l’un de ses membres dans une tribune publiée le 2 janvier 2025 intitulée « Déferlante de drogues sur la France : ces graves erreurs
commises par l’État dans la lutte contre la toxicomanie ». L’Académie nationale de médecine, qui a fait des addictions aux drogues licites et illicites sa grande cause pour l’année 2025, tient à rappeler les valeurs humaines, éthiques et scientifiques qu’elle promeut.
L’une des avancées majeures de la lutte contre les addictions repose sur la
politique de réduction des risques mise en place dans les années 1980 et marquée, notamment, par l’introduction de traitements de substitution aux opiacés, ce que l’Académie nationale de Pharmacie a défendu dès 2009 dans son rapport sur le sujet [3]].
Dans une tribune parue le 2 janvier 2025 dans le média « Atlantico », un membre des Académies nationales de médecine et de Pharmacie, remet en cause cette politique de réduction des risques, en ne prônant qu’une seule approche répressive aux conduites addictives. En outre, l’auteur se livre à des considérations et attaques personnelles inacceptables que l’Académie nationale de Pharmacie condamne fermement.
Cet article ne reflète en aucune manière les avis et positions [4], les valeurs et la rigueur scientifique défendues par notre Académie. Pour toutes ces raisons, l’Académie nationale de Pharmacie tient à se désolidariser totalement des propos tenus par l’auteur remettant en cause les droits humains et l’intégrité scientifique de notre Institution.
L’Académie nationale de Pharmacie se réserve le droit d’engager rapidement toute action nécessaire au respect de ses valeurs humanistes et de sa rigueur scientifique.
[1] Professeur émérite des universités, membre des Académies nationales de médecine et de pharmacie, désigné par le Président de l’Académie des sciences
[2] Ce communiqué a été validé par le Conseil d’administration de l’Académie nationale de médecine du 24 février 2025.
[3] Voir, « Bilan des politiques publiques en matière de substitution aux opiacés », Rapport de janvier 2009,
58 p., spéc. p. 12. Disponible à l’adresse suivante :
[https://www.acadpharm.org/dos_public/1_Rapport_Bilan_Politiques_publ_Substitution_Opiaces_28_jan_
.pdf]->https://www.acadpharm.org/dos_public/1_Rapport_Bilan_Politiques_publ_Substitution_Opiaces_28_jan_
.pdf
[4] Voir, Séance bi-académique du 14 novembre 2023 et l’article de Florence Noble, paru dans
l’Observatoire n°67, p. 9 : https://www.acadpharm.org/dos_public/OBS67_VDIFF.PDF.