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Le directeur de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies est remercié

Les commentaires de CSF sont dans ces interstices grisés

| 06.04.11 | 16h38 * Mis à jour le 06.04.11 | 16h39

Le gouvernement s’apprête à mettre fin aux fonctions d’un des meilleurs spécialistes des questions de toxicomanies. Selon nos informations, le directeur et fondateur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), Jean-Michel Costes, ne sera pas reconduit à son poste, vendredi 8 avril, lors du conseil d’administration de l’organisme. M. Costes, qui dirigeait l’OFDT depuis seize ans, ferait les frais de divergences de conception avec le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Etienne Apaire. Des divergences qui se sont notamment exprimées sur le traitement, sensible pour le gouvernement, des informations sur la drogue et les addictions.

Sur France Inter, au journal de 13h, ce jeudi 7 avril dans l’interview de M. Costes on se rend compte que le non renouvellement du contrat du fondateur de l’OFDT a un motif sérieux. Il semblerait que Sarkozy ait enfin eue la tête de celui qui animait un "ramassis gauchiste" comme l’appelait l’ancien ministre de l’Intérieur "SpeedySarko".

L’OFDT est un organisme public réunissant des chercheurs qui collectent, produisent et analysent les données épidémiologiques sur les drogues, l’alcool et le tabac. Depuis sa création, en 1993, il est devenu l’institution de référence sur les questions de drogue : que ce soit sur le cannabis, les drogues de synthèse ou les stimulants, comme la cocaïne. Ses observations forment un corpus scientifique qui fait consensus, malgré le caractère très polémique du sujet. "Le diagnostic que nous avons réussi à établir est partagé par tout le monde, parlementaires, observateurs et scientifiques", souligne M. Costes, qui a cherché, pendant son mandat, "à rester en dehors de l’influence du politique pour sauvegarder l’indépendance scientifique" de l’observatoire.

Sur France Inter, M. Costes évoque un mot bien plus fort : "autonomie", autonomie de l’OFDT, mais aussi autonomie du choix des indicateurs de la présentation des données et des analyses qui en découlent.

Selon M. Costes, cet équilibre fragile a été progressivement rompu après l’arrivée de M. Apaire, magistrat, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, nommé à la tête de la Mildt en 2007. Bras armé des pouvoirs publics sur la drogue, la Mildt coordonne les actions gouvernementales en matière de prévention et de lutte contre les addictions. C’est aussi le principal financeur de l’OFDT : "Depuis l’arrivée d’Etienne Apaire, les relations sont très difficiles, explique M. Costes. Il y a d’abord eu la suppression de notre collège scientifique, qui n’a jamais été renouvelé. Et, surtout, beaucoup de tensions à propos des données que nous rendions publiques, et que la Mildt cherchait à communiquer comme elle l’entendait."

On voit ici se reproduire un phénomène similaire à celui qui s’est produit à la même époque l’an dernier autre-manche, avec l’éviction par Gordon Brown du Pr Nutt, expert-scientifique chargé de conseiller le gouvernement britannique. En fait, dans la tête de nos élites, pour éviter la fièvre, mieux vaut briser le thermomètre. Un jour prochain, toutes les conséquences de ces choix délétères seront jugées, il faudra alors en assumer le coût financier pour dédommager les victimes de ces politiques criminogènes.

Le conflit s’est notamment cristallisé sur les salles de consommation, ces lieux déjà ouverts à l’étranger où les héroïnomanes peuvent venir s’injecter de la drogue sous contrôle sanitaire. M. Costes avait participé, en 2010, à l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) préconisant l’expérimentation de ces salles, alors que M. Apaire y était farouchement opposé. Quelques jours avant que l’Inserm rende ses conclusions, M. Apaire avait avancé la publication d’une enquête de l’OFDT insistant sur le fait que 73 % des personnes interrogées étaient défavorables aux salles de consommation. "La communication était univoque : impossible de nuancer et d’expliquer que, quand on prend le temps d’exposer le principe des salles de consommation au public, les personnes passent d’une opposition de principe à un soutien pragmatique", explique aujourd’hui M. Costes.

Voilà donc un bout de la ficelle d’une pelote à dérouler, qui mériterait la Une des journaux : comment fabriquer l’opinion ou le consentement populaire ? C’est aussi une explication de la sévérité de l’intoxication mentale aux thèses prohibitionnistes, à laquelle les gens ont été soumis depuis 50 ans, pour éradiquer de la mémoire populaire quasi 10 000 ans d’histoire !

Contacté, le président de la Mildt récuse toute instrumentalisation des données de l’OFDT. "Il n’y a jamais eu de restrictions dans la communication, il n’y a pas de sujet là-dessus, affirme-t-il. Mais s’il y a une nécessité d’indépendance dans l’observation, il faut une objectivité dans l’interprétation." Pour M. Apaire, M. Costes "n’a pas démérité, mais l’OFDT a besoin d’un élan supplémentaire. Il doit s’ouvrir à la recherche, notamment par le biais de publications internationales".

M. Apaire devrait simplement avouer qu’il préfère choisir quelles études internationales, ils souhaitent populariser, car au Collectif Cannabis Sans Frontières, on s’étonne toujours de l’absence de réactions de la MILDT, de l’AFPSASS, de l’INSERM, de la Ligue contre le Cancer... à propos de cette publication du très honorable National Cancer Institute basé aux Etats Unis.

Cet axe stratégique avait été proposé par M. Costes en 2010, sans succès.

Heureusement pour M. Costes, car depuis un an ce n’est plus l’indépendance ou l’autonomie de l’OFDT que M. Costes aurait eue à défendre, avec les manoeuvres outrageantes d’Etienne Apaire, mais à n’en pas douter son éthique rigoureuse et sa dignité.

Vendredi, le conseil d’administration devrait désigner Maud Saporta, polytechnicienne, médecin de santé publique, qui travaille actuellement pour Sanofi, à la tête de l’OFDT.

Ah Bon, après le scandale du Mediator, et tous ces empoisonnements pour le meilleur bénéfice des laboratoires pharmaceutiques, à la MILDT on persiste et signe ?

Cécile Prieur

Article paru dans l’édition du 07.04.11

Voir en ligne : Pour lire l’article original sur le site LeMonde.fr

1 COMMENTAIRE

  1. Farid Ghehioueche

    Etienne Apaire et le syndrome de Galilée

    Ainsi donc il existe encore, parmi les satellites de la MILDT, une instance de chercheurs qui continuent à démontrer que la terre n’est pas plate et qu’en plus elle tourne, que le tout répressif ne donne aucun résultat en matière de drogues, que bien au contraire il renforce la vulnérabilité des usagers.

    Cela nous le savons depuis longtemps et toute une génération d’usagers de drogues l’a appris à ses dépends, décimée dans les années 90 par le Sida. Parions même que Monsieur Apaire doit s’en douter un peu, mais là n’est pas son problème. Sa mission est de coller à l’ambiance politique du moment, celle du retour de l’ordre, du chef, du père. Il ne sera pas dit que l’Etat est laxiste. L’interdit d’un côté, l’abstinence de l’autre sont les deux seules mamelles auxquelles la MILDT veut s’abreuver. Dans ce cadre la mission d’une instance comme l’OFDT n’est pas d’Observer, mais d’Officialiser cette politique du tout interdit. Que des chercheurs cherchent alors qu’on leur demande de trouver semble intolérable à la vue de Monsieur Apaire. Il n’était plus que temps pour lui de débarquer son directeur, en la personne de Jean Michel Costes. Maintenant c’est fait, d’une façon très subtile, c’est comme cela que l’on nomme parfois le manque de courage, en ne renouvelant pas le contrat de Jean Michel Costes sur l’air de « 15 ans c’est déjà beaucoup ».

    Les grands laboratoires ont un grand savoir-faire en matière de recherches pour prouver les effets qu’ils souhaitent trouver à leurs médicaments. Souhaitons de notre côté que ce savoir-faire n’a pas été le critère de recrutement de la nouvelle directrice, nous ne ferons pas de procès d’intention, mais serons vigilants quant à l’orientation que prendra l’OFDT.

    15 Ans de l’OFDT, avec Jean Michel Costes, nous ont paru bien courts, si l’on compare avec les 4 ans sans MILDT digne de ce nom.

    L’AFR regrette le départ de Jean Michel Costes à la tête de l’OFDT et sommes de tout cœur avec son équipe, qui depuis 15 ans nous ont fourni un travail précieux de grande qualité.

    Nous nous associons à l’ensemble des voix qui s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer cette éviction qui fait craindre une reprise en main de cet Observatoire.

    L’AFR


    Communiqué de presse de la FFA

    Communiqué de presse de Act Up Paris du 7 avril 2011

    Communiqué du Collège Scientifique de l’OFDT

    Téléchargez la lettre de Jean-Marie Le Guen à Fillon

    Téléchargez la publication de l’AFP

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