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Denver, « capitale mondiale du cannabis » : les effets contrastés du développement local métropolitain post-légalisation

Une étude de terrain révélatrice

Il y a un an, cette étude de terrain révélait de manière précise les évolutions en cours aux Etats Unis du fait de la légalisation du cannabis.

Dans cet article, nous avons analysé les impacts de la légalisation du cannabis sur la ville de Denver en essayant d’aller au-delà du mirage de « l’or vert » présenté dans de nombreux articles de presse ou reportages télévisés. Nous avons ainsi nuancé le potentiel de croissance et de développement lié au tourisme cannabique local en montrant sa stagnation, voire son déclin, à la suite de la légalisation du cannabis récréatif dans d’autres États américains. Nous avons également cherché à mettre en perspective et/ou déconstruire un certain nombre d’idées reçues concernant les effets socio-urbains de la légalisation : fin du marché noir, gentrification, augmentation du nombre de sans domicile fixe et de l’insécurité.

EXTRAIT

"Plus original, la fin du marché noir, entendu comme un marché illicite sortant des circuits légaux et participant d’une économie que l’on qualifie de souterraine ou de parallèle (Bergeron et Colson, 2015), était attendue par les autorités locales qui voyaient dans la légalisation un moyen de « couper l’herbe sous le pied des revendeurs et des trafiquants » et des « circuits mafieux » (Hautefeuille et Wieviorka, 2014 ; Stewart, 2018). À l’instar de Smith (2017), nous émettions plutôt l’hypothèse de la continuité d’un marché noir en parallèle de la création d’un marché légal de la consommation de cannabis. Les résultats de notre enquête indiquent que 36 % des interrogés continuent d’emprunter des voies illégales (10 % dans la rue, 26 % chez des amis)7 Ces chiffres à Denver rejoignent les chiffres du Colorado qui indiquent que 41 % des consommateurs de cannabis de l’État utilisent encore le marché noir (Smith, 2017). Les principales raisons avancées lors de nos entretiens sont le niveau de taxation du produit, augmentant considérablement le coût du cannabis vendu par voie légale, et la limite d’âge, où seules les personnes de plus de 21 ans ont le droit de se rendre dans un dispensaire. Au regard de ces deux explications principales, il parait difficile que le marché noir ne survive pas à la légalisation du cannabis, ce qui a surpris de nombreux habitants, au premier rang desquels le procureur général du Colorado, Mike Coffman (Alsever, 2016)."

Grondeau A. et Realini C., 2021, « Denver, ‘capitale mondiale du cannabis’ : les effets contrastés du développement local métropolitain post-légalisation », Urbanités, Dossier / Les villes nord-américaines à l’ère de Trump, novembre 2021, en ligne.

Alexandre Grondeau est géographe, maître de conférences au laboratoire TELEMME, Aix-Marseille Université – CNRS. Ses thèmes de recherche sont la géographie urbaine, la géographie économique et l’aménagement.

alexandre.grondeau(at)univ-amu.fr

Chloé Realini est chargé d’études statistiques à l’IMSEE (Institut monégasque de la statistique et des études économiques), chercheuse associée au laboratoire TELEMME. Son domaine de recherche est la géographie économique.

chloe.realini(at)laposte.net

Voir en ligne : Pour lire l’étude sur le site de la Revue Urbanités

Dans  Monde

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