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De l’urgence de sortir du nucléaire.

Depuis quelques jours, la situation au Japon suscite des polémiques, dont certaines sont bien inutiles au regard de l’urgence de l’aide humanitaire à apporter pour tenter, autant que faire se peut, de limiter les conséquences des graves accidents survenus à la suite du tremblement de terre et du Tsunami déclenché par la secousse tellurique de magnitude 9.

Certains experts et commentateurs, y compris au gouvernement, veulent minimiser la portée de ces événements... Mais une ligne rouge semble avoir été franchie en stigmatisant les paroles des écologistes.

Une semaine après un accident qu’on se refusait à désigner comme une catastrophe nucléaire, nous y sommes pleinement maintenant... l’Union européenne qualifie elle-même cette situation d’apocalyptique ! Alors où se situe donc l’indécence ? 

L’indécence, c’est aussi ITER "un soleil sous la terre" installé à Cadarache, et qui aurait pu se trouver au Japon juste un peu plus au Nord de Fukushima [1] !

L’indécence, ce sont les "écologistes" qui cherchent ou trouvent des circonstances atténuantes à cette industrie -anti-démocratique- et qui au nom de la lutte contre les effets du réchauffement climatique sont prêts à des contorsions mentales et des postures d’appareils ruinant les arguments des lanceurs d’alerte et porteurs d’espoir de l’antinucléaire. N’y-a-t-il pas là aussi un beau pied de nez, de cette vapeur radioactive qui va se répandre dans l’atmosphère et de facto amplifier l’effet de serre ? Mardi 15 mars, un journal gratuit mettait en parallèle les avis contradictoires entre le président de "Sauvons le climat" estimant que "le nucléaire est une énergie incontournable", et celui d’un acteur du Réseau Sortir du Nucléaire disant que c’est "un système aberrant qui perdure".

L’indécence, c’est qu’il est indécent de ne pas remettre en cause des choix politiques et stratégiques qui ignorent le choix des peuples... Vu de France, les Japonais sont des gens méticuleux, sérieux, appliqués, besogneux, perfectionnistes, et toujours à la pointe du progrès... Mais voilà, depuis le 12 mars, un mythe s’effondre, au Japon et partout ailleurs en écho à la catastrophe de Tchernobyl : celui de l’absence de transparence voire une volonté d’opacité qui met l’industrie nucléaire à nu.

Non seulement, les informations sont filtrées et divulguées avec parcimonie pour éviter des mouvements de panique, autant cette situation reviendra comme un boomerang à la figure de ceux qui pour le moment veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Il est tant de comprendre qu’avec cette série d’accidents en chaîne, causée au départ par une catastrophe naturelle exceptionnelle, nous venons de changer de civilisation.

En 1986, l’explosion du réacteur à Tchernobyl a été le symptôme révélateur qui précipitait la fin de l’URSS. Plus que la chute symbolique du Mur de Berlin, cette catastrophe a concrètement révélée la ruine du régime soviétique, incapable de faire face au monstre nucléaire qui avait fait sa puissance.

En 2011, c’est au tour de l’empire capitaliste de chanceler sur ses bases, avec cette catastrophe protéiforme. Cette fois, ce n’est pas la déliquescence du communisme qui est en cause, mais bel et bien la toute puissance du capitalisme techno-scientiste. C’est parce que cela se passe au Japon, et non pas en Bulgarie ou en Birmanie, que l’on peut et que l’on doit s’interroger en France.

Il est urgent de sortir du nucléaire.

FARId Ghehiouèche

Voir en ligne : {[A lire d’urgence, pour compléter ce point de vue, l’article signé Minga sur le site Révoltes.net.


[1voir ce site très informatif : http://khalouta.blogspot.com/2010/06/www.html

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