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Plantes de l’amour - Séminaire à Forcalquier (04) le 22 et 23 octobre 2009

Encore quelques places disponibles, inscrivez-vous vite !

Musée départemental ethnologique de Haute-Provence
Prieuré de Salagon
04300 Mane
04 92 75 70 50

Huitième séminaire annuel d’ethnobotanique du domaine européen

Du lis à l’orchidée,
d’Aphrodite à Saint-Valentin :
écologie végétale du territoire amoureux

Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009
Salle Pierre Michel, Place du Bourguet, Forcalquier

En partenariat avec la Mission à l’Ethnologie (Ministère de la Culture), le CRIA : Centro en Rede de Investigação em Antropologia (Centre en Réseau de Recherche en Anthropologie), Portugal, la Ville de Forcalquier et le Conseil Général des Alpes de Haute-Provence.
Présentation du Séminaire annuel d’ethnobotanique du domaine européen du musée de Salagon

Le Prieuré de Salagon, Ethnopôle régional de Haute-Provence, Musée départemental ethnologique, lieu d’étude et de documentation tourné vers les relations sociétés/nature, a mis en place depuis une quinzaine d’années plusieurs jardins consacrés à des thèmes majeurs de l’ethnobotanique et de l’ethnohistoire en rapport avec la flore.

Lancé en 2001, le projet d’établir à Salagon un séminaire annuel axé sur l’ethnobotanique française se poursuit cette année, grâce au soutien pour 2009 de la Mission du patrimoine ethnologique, du Conseil Régional PACA, du Conseil général des Alpes de Haute-Provence et de l’Europe (Interreg III A Alcotra).

Chaque année, la session fait l’objet de communications et de discussions, parfois complétées par une sortie sur le terrain, illustrant les aspects naturalistes de la discipline. Cette année, le séminaire aura lieu les jeudi 22 et vendredi 23 octobre.

La thématique centrale est l’ethnobotanique du domaine européen, avec une visée plus particulière sur le domaine méditerranéen. L’intitulé du séminaire d’octobre 2009 est Du lis à l’orchidée, d’Aphrodite à Saint-Valentin : écologie végétale du territoire amoureux.

Le séminaire est ouvert à toute personne disposant déjà de bases en ethnologie et/ou en botanique, ou motivée par un projet de recherche personnel, dans tous les cas, impliquée par un investissement prioritaire dans les thématiques abordées au cours des journées.

Les responsables du séminaire d’ethnobotanique
Danielle MUSSET
Ethnologue, Directrice du Musée départemental ethnologique du prieuré de Salagon
Pierre LIEUTAGHI
Ethnobotaniste, Conseiller scientifique des Jardins de Salagon

Présentation du thème

Du lis à l’orchidée, d’Aphrodite à Saint-Valentin : écologie végétale du territoire amoureux

Entre moly, pommes d’amour “qu’on trouve dans les champs”, lis du Liban et grenade, l’Odyssée, la Genèse, le Cantique des cantiques associent explicitement la fleur au domaine érotique. Jusqu’à nos jours, cette alliance des temps lointains, que chaque printemps renouvelle, n’a jamais été rompue.

Certaines plantes habitent volontiers les espaces divers du territoire amoureux ; les unes préfèrent les lieux obscurs ; d’autres s’affichent en pleine lumière.
Avec l’aide des herbes, on intervient sur le corps, on l’oriente, parfois à l’insu du sujet, vers le désir ou sa négation. Une feuille saura dire la première lettre du nom de la personne attendue, un fruit le nombre des enfants à venir.
À l’ordre symbolique, l’image florale offre des lieux exemplaires où exalter la passion, voire (plus rarement aujourd’hui…) sublimer le renoncement.
Qu’est-ce qui vaut à la rose rouge son rôle séculaire de messagère d’amour désirant ? Tandis que le lis de la vierge, celui que l’ange de l’Annonciation tient à la main, celui qui croît de lui-même (immaculée conception florale) sur la tombe des martyres, paraît sans descendance moderne avouée.

Sexualisées au plus haut point, certaines plantes sont à la fois mâles, femelles, pudiques, exhibitionnistes/obscènes, génératrices, réparatrices post-partum, galactagogues... Ainsi du figuier. Et pourquoi, dans l’appréhension populaire européenne, bien des plantes “mâles” sont-elles celles (femelles aux yeux du botaniste) qui portent les fruits ? Le frêne “mâle”, plus puissant, est à préférer dans l’emploi médicinal (pas de chance : c’est une mère porteuse). Le chanvre “mâle” est plus robuste et donne une meilleure fibre, etc.

Entre les images caricaturales de la flore (an-)érotique, une infinité de signes et de pratiques lèvent dans les parterres et (surtout) les friches du territoire amoureux. Leur inventaire est loin d’être achevé. Quant à la compréhension de l’écosystème érotico-botanique, il attend ses interprètes – en particulier dans l’espace comparatif méditerranéen, où l’imaginaire comme les/ses pratiques restent très actifs.

À la Saint-Valentin, les restaurateurs de toute la France sont sollicités pour des plats “propres à exalter la luxure” (diraient les vieux textes). Doivent s’y distinguer des épices regardés comme “forts”, et pourtant sans malice – sauf à en consommer des kilos, et c’est alors le SAMU plutôt que le septième ciel.
Pourquoi trouve-t-on désormais si facilement du gingembre frais au supermarché ?
Et les roses proposées en bonne place au portail Internet ?
Et les sorbets au salep (farine de tubercules d’orchidées) des fast-food turcs ?
Et les râs el-hanût aphrodisiaques de tous les marchés maghrébins, où réapparaissent, entre autres végétaux, les semences du frêne “mâle ?”

Si l’on ajoute les parfums (dont on a déjà parlé, incidemment, à Salagon), et même s’ils ne doivent pas tout aux plantes, on ne peut que constater l’étendue de la participation végétale au domaine érotique contemporain, et aux espaces adjacents.

Le prochain séminaire voudrait contribuer à l’exploration de ces territoires où la flore est, de nos jours, plus souvent alliée qu’ennemie du désir – mais c’est aussi l’occasion de vérifier si l’aide végétale à la continence, sinon au renoncement, a complètement déserté le recours européen aux plantes (on ne vend pas seulement du ginseng au magasin diététique).

En dépit de ce qui précède, on ne fait pas de fixation sur le couple éros/végétal.
Tout ce qui a trait à la perception du sexe des plantes regardées dans leur plus simple appareil botanique, tout ce qui relève de la métaphore, de la représentation dans l’art aussi bien que dans le discours quotidien de l’alliance polymorphe flore/sentiments/espérance amoureuse/dépit amoureux/désir/mémoire, etc., a sa place dans un séminaire qu’on souhaite aussi fidèle que possible à un thème particulièrement favorable aux infidélités.

Tout ceci au voisinage de la Sainte Fleur, qui devrait nous consoler des excès de Saint- Valentin.

Pierre LIEUTAGHI

Première journée : jeudi 22 octobre 2009

08:30 – Accueil.

09:00 – Présentation des journées par Danielle Musset, ethnologue et directrice du Musée de Salagon.

09:15 – Il y a rose et rose : métaphores végétales du corps sexué dans les littératures antiques, Pascal Luccioni, enseignant de langues anciennes (grec).
La métaphore de la fleur de la jeunesse est bien connue en plusieurs langues européennes, et elle est héritée de l’Antiquité. Les lecteurs français en connaissent souvent une variante à travers le poème de Ronsard : "Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie etc.". En explorant la poésie amoureuse de l’Antiquité, on se demandera quelles formes différentes ont pris les métaphores végétales qui désignent cette jeunesse que l’amant veut "cueillir" avant qu’elle n’ait chu à terre, dans un contexte de rivalité (au moins littéraire) entre l’amour des femmes et l’amour des jeunes garçons (la paille, les duvets, les couronnes, les roses …).
Il semble qu’au-delà des points communs, qui sont en partie à mettre en relation avec des pratiques du végétal banales dans l’ancienne société, ces métaphores et les pratiques amoureuses qu’elles laissent entendre sont diverses et en somme profondément genrées.

10:00 – Les orchidées du monde gréco-romain, Valérie Bonet, maître de conférence de latin, Université de Provence.
Aphrodisiaques ou anaphrodisiaques selon l’utilisation qu’on en fait, mâles ou femelles, selon les espèces considérées, permettant d’engendrer des filles ou des garçons, selon les cas, portant des noms plus ou moins suggestifs et descriptifs selon les textes, les orchidées du monde gréco-romain, si elles n’ont rien à voir, par leur aspect, avec nos flamboyantes variétés ornementales venues d’Orient, n’en sont pas moins fascinantes. Les propriétés qu’on leur attribue sont souvent liées à tout un contexte qui dépasse de loin la médecine et ont des résonnances populaires et légendaires certaines.
Nous nous proposons ainsi de voir comment les textes anciens et en particulier les textes médicaux en parlent, comment une caractéristique physique a contribué à leur donner une aura particulière et à en faire des plantes pas comme les autres.

10:45 – Pause

11:00 – Plantes entrant dans les parfums aphrodisiaques et philtres d’amour aux XVIème et XVIIème siècles, Annick Le Guérer, Docteur de l’Université LIMSIC, Université de Bourgogne.
Instruments traditionnels de la séduction ordinaire, les parfums des herbes magiques peuvent devenir les agents d’une véritable captation amoureuse dont les principes figurent chez les médecins spagyriques, héritiers de l’alchimie médiévale. Heinrich Cornélius Agrippa von Nettesheim, médecin de Louise de Savoie, mère de François Ier, est très représentatif de cette démarche. Pour lui, les parfums des végétaux s’inscrivent dans un système complexe de sympathies énergétiques et d’antipathies répulsives. Judicieusement composés « ils attirent tous les esprits comme l’aimant attire le fer » et permettent tout aussi bien de bénéficier d’une conjonction planétaire favorable que de séduire irrésistiblement. Il suffira de faire « flairer de temps en temps » les baumes « pour se faire aimer » de la personne convoitée.
Il sera proposé d’étudier les plantes entrant dans les parfums et philtres d’amour à la Renaissance et d’essayer d’expliquer les raisons pour lesquelles certaines comme les roses ou le fenugrec sont encore dotées au XVIIème siècle de grands pouvoirs de captation amoureuse.

11:45 – Discussion.

12:00 – Repas.

14:00 – Ce que chantent les fleurs, Les Noces de Figaro de W.A. Mozart, Intermède lyrique-botanique, Annie Paradis, LISST- Centre d’anthropologie sociale, Université Toulouse II.
Il y a d’abord, au tout début de l’opéra, une querelle d’amoureux autour d’une couronne de mariée et d’un lit matrimonial… Ensuite, un cortège de noces vient déposer des bouquets en hommage à une belle Comtesse. Puis de cette guirlande se détache l’œillet rouge, au cœur de feu et l’œillet mignardise, délicatement dentelé : du côté féminin ou masculin, l’œillet chante sur tous les tons le mot « amour »… Entre tradition populaire et culture savante, les fleurs, réelles ou métaphoriques, jouent un rôle dramatique à part entière dans l’opéra. Elles sont le support et l’emblème d’un cycle amoureux qui, inauguré par la Saint-Valentin, passe par les rituels de mai et s’achève autour des feux de la Saint-Jean d’été. Porteuses de la transgression comme de la réconciliation, elles jalonnent les étapes de ce parcours rituel d’apprentissage que Mozart déploie dans Les Noces de Figaro, comme dans tout son théâtre lyrique.

14:45 – Conter fleurette… Quand Paul Sébillot et Eugène Rolland se mêlent d’amour, Maryse Carrareto, anthropologue, membre associé au LISST, EHESS-CNRS-UTM Toulouse.
De quel pouvoir la marguerite est-elle détentrice, au point que pendant longtemps dans les campagnes les femmes et les hommes scellèrent leur sort à son lent effeuillement ? Quel est ce pain de coucou qui, foulé aux pieds par deux amoureux, retarde leur mariage ? Et si l’amour naît, s’il conduit au mariage, sera-t-il placé sous le signe de la fidélité ou au contraire de l’adultère ? L’œuvre des folkloristes français de la fin du XIXème siècle – en particulier celle d’Eugène Rolland comme celle de Paul Sébillot – répond pour partie à ces interrogations.
Après avoir resitué ces deux auteurs et leurs œuvres dans leur contexte, cette communication donnera à entendre ce que l’un et autre ont collecté de ces fonctions symboliques de la plante quand il s’agit de se mêler d’amour, de le trouver, d’aimer : le geste lent de l’effeuillement de la grande pâquerette, le doux bruit du souffle dans les aigrettes de pissenlit, la craquement de deux noix jetées dans le feu…

15:30 – Pause.

15:45 – Végésexe. Les végétariens le font-ils mieux ? Jean-Yves Durand, maître de conférences (Université du Minho, Braga, Portugal), CRIA-UM (Braga, Portugal) et IDEMEC (Aix-en-Provence).
Dans le déferlement d’e-mails et au hasard de la navigation dans l’univers virtuel sont apparus ces derniers mois quelques liens posant, parfois explicitement, des questions inattendues : le végétal n’est-il pas plus érotique que l’animal ? Ne devrions-nous savoir nous ouvrir aux vertiges d’un monde de caresses chlorophyllées ? Les végétariens ne profitent-ils pas plus, et mieux, du sexe ? On peut se dire que si d’aventure c’était vrai, cela se saurait sûrement. Mais il convient d’essayer de comprendre comment et pourquoi ces jeunes ramifications d’activités aussi vieilles que le monde, ou presque, semblent prospérer aujourd’hui tout en se nourrissant d’un terreau de vieilles analogies végétales pour nous proposer de mieux effeuiller des marguerites pas seulement virtuelles, et même pour nous proposer d’effeuiller pas seulement des marguerites. La séance sera déconseillée (ou, si l’on préfère, fortement conseillée) aux âmes prudes.

16:30 – Discussion.

18:00 – Visite du prieuré et des jardins de Salagon pour ceux et celles qui le souhaitent.


Deuxième journée : vendredi 23 octobre 2009

08:30 – Accueil.

09:00 – Du basilic au miel, Nicole Belmont, EHESS, Laboratoire d’anthropologie sociale.
Un récit populaire, le conte-nouvelle T 879, « La Fille au pot de basilic » (The Basil Maiden), fréquent dans les pays méditérranéens, raconte l’affrontement violent, verbal puis physique, entre un jeune homme et une jeune fille, à propos d’un pot de basilic que celle-ci arrose quotidiennement. On tentera de montrer que cette plante odoriférante opère comme un agent séducteur, mais provoque un désir si exaspéré que l’issue pourrait mener à la mort, à moins que le miel ne vienne opportunément s’y substituer.

09:45 – De l’aubépine et d’autres plantes – les fleurs des troubadours, Lucia Baroncini, doctorante à l’Université de Bologne.
La fleur d’amour par excellence de la tradition occidentale est sans doute la rose, mais cette signification n’a pas toujours été évidente. Dans un des poèmes traditionnellement attribués à Guillaume IX comte de Poitiers (considéré comme le premier troubadour connu) l’amour est comparé à une branche d’aubépine qui tremble la nuit et reverdit le matin. Depuis, l’aubépine est devenue une des fleur-symbole de l’amour dans la poésie trobadoresque : les amants se rencontrent sous ses branches et la peau de la dame est souvent blanche comme sa fleur. D’autres pistes font penser à un lien très fort entre l’aubépine et les puissances surnaturelles, soit bienveillantes soit mauvaises ; c’est l’ambiguïté des plantes à épines, voire l’ambiguïté de la dame aimée. En fait, les plantes de la lyrique en langue d’oc (mais aussi d’oïl) sont presque toutes des arbustes épineux, notamment des rosacées : le discours amoureux se déroule donc autour de la polarisation fleur/épine, qui au moment donné devient le caractère topique de la rose.

10:30 – Pause.

10:45 – Des plantes adjuvants du Destin, entre amour et rivalité, dans deux villages du Nord de la Roumanie, Micheline Lebarbier, chargée de recherche, CNRS-LACITO.
Dans deux villages du Nord de la Roumanie, les pratiques de magie amoureuse ont longtemps été observées par les jeunes filles. Les enquêtes, menées de 1993 à 2003 auprès de femmes âgées révèlèrent l’importance des plantes : pour attirer les prétendants lors de veillées collectives, découvrir par les rêves et les pratiques magiques celui que la Destinée avait réservé, et… pour conserver la place ainsi désignée. Si le basilic, le caille-lait ou l’inule renforçaient la séduction, par la mandragore et le sureau pouvait s’engager une lutte magique dont ces plantes étaient le support. Car le Destin pouvait se tromper de porte et être remis en cause par une rivale qui revendiquait une place qu’elle estimait légitime. Alors, la magie d’amour devenait magie de mort et de haine. Les plantes étaient les adjuvants nécessaires aux actes et aux paroles, les armes à double face et à double tranchant de ces pratiques.

11:30 – Discussion.

12:00 – Repas

14:00 – Le monde odoriférant des végétaux dans la société des Emirats Arabes Unis, Aïda Kanafani-Zahar, anthropologue, CNRS, Groupe Sociétés, religions, laïcités.
Comment se prépare-t-on à l’amour dans la société des Emirats Arabes Unis1 ? Comment entretient-on le désir de l’autre ? Partiellement au travers d’une fête des sens initiée par des senteurs à base de fleurs (henné, rose, lilas, jasmin, fol -jasmin du Cap-, narcisse…), de bois (santal, aloès…), de résines (gomme arabique, mastic…) et de substances animales (ambre gris, musc). Le répertoire des émiratis est riche et varié : huiles parfumées, encens, poudres, et, pour les femmes des préparations secrètes composées par les femmes elles-mêmes pour accentuer une note plutôt qu’une autre. Le lien entre odeur de végétaux et sensualité sera abordé dans les pratiques du quotidien le plus ordinaire d’un couple marié ainsi que dans la préparation au mariage, rite de passage particulièrement fécond de mise en valeur du corps dont les normes socialement codifiées répercutent des références religieuses ainsi que des considérations de prestige.

14:45 – Les plantes de l’amour à La Réunion : philtres d’amour, aphrodisiaques et médecine des signatures, Laurence Pourchez, anthropologue HDR, enseignante en études créoles, Université de La Réunion.
Bois de mamzelle, bois de momon, bois bandé… A l’île de La Réunion, certains végétaux entrent dans la composition de philtres d’amour et d’aphrodisiaques. Cette communication aura pour objectif de détailler quelques-uns des usages toujours en cours chez les tisaneurs et dans la population réunionnaise.
L’emploi de certains végétaux dans les philtres d’amour, comme le bois de mamzelle, relève d’un héritage culturel associé à la médecine des signatures de la Renaissance. En outre, la mise au point de certains aphrodisiaques met au jour diverses dynamiques propres à la société créole ; elle relève d’une adaptation des savoirs traditionnels à la modernité et à un contexte de mondialisation avec intégration de molécules issues de la médecine allopathique ou de traditions ethnobotaniques extérieures aux Mascareignes.

15:30 – Pause.

15:45 – Amour du jeu sexuel : la Colocase grandissante au Japon, Jane Cobbi, chargée de rechercher au CNRS, responsable scientifique du Programme Japon, Fondation MSH.
Tirant parti des propriétés de la colocase, les Japonais en utilisent la tige à des fins sexuelles. La plante se trouve ainsi en vente en pharmacie, et fait l’objet de réjouissance au cours d’une célébration annuelle.

16:30 – Discussion générale.

17:00 – Fin du séminaire.

Fiche d’inscription

Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009 : Du lis à l’orchidée, d’Aphrodite à Saint-Valentin : écologie végétale du territoire amoureux, salle Pierre Michel, Place du Bourguet, Forcalquier.

Formulaire d’inscription :

Je soussigné(e)____________________________________________________________________

Adresse : ________________________________________________________________________


Téléphone :______________________________________________________________________

E-mail :_________________________________________________________________________

Profession :______________________________________________________________________

Lieu de travail (si en relation avec l’ethnobotanique) :____________________________________

Intérêt et expérience en ethnobotanique :_______________________________________________

m’inscris par la présente au huitième séminaire annuel d’ethnobotanique du domaine européen du Musée de Salagon. Je participerai aux journées d’étude du jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009. Je joins donc un chèque de 40 € comprenant les frais d’inscription pédagogique.

Merci de libeller les chèques à l’ordre de Madame la Régisseuse de Salagon et de les renvoyer avec la fiche d’inscription au Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Prieuré de Salagon, 04300 Mane.

Date :

Signature :

Informations concernant l’inscription

Le nombre de places est limité.

La fiche d’inscription et le chèque doivent être envoyés au Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Prieuré de Salagon, 04300 Mane, avant le 5 octobre 2009.

Les réservations seront effectives à réception de la fiche d’inscription et du chèque.

Aucun remboursement ne sera effectué.

Attention, veuillez noter que cette année, en raison du changement de salle, les repas de midi ne sont pas prévus (et donc pas comptés dans le prix du séminaire). C’est donc à chaque participant de s’organiser. Si vous souhaitez réserver des nuitées dans la région, ou encore connaître les horaires de bus, prière de contacter l’Office de Tourisme de Forcalquier (04 92 75 10 02).

Le séminaire se déroule cette année à Forcalquier, Salle Pierre Michel, Place du Bourguet, au rez-de-chaussée de la mairie.

Voir en ligne : Un fort bel ouvrage de référence

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