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Contrepoint (1) à la chronique de Raoul Anvélaut sur "le joint" paru dans le journal "La Décroissance"

par Farid Ghehiouèche

La décroissance, le journal des peine-à-jouir

Cela fait longtemps que ça nous démange. Déjà auparavant, une métaphore de la dépendance aux marques et à la surconsommation, à propos de l’héroïnomanie, nous avait paru totalement stupide. Mais une réaction à ce slogan aurait mérité un long exposé... fastidieux.

Cette fois, la rubrique de Raoul Anvélaut « la connerie que nous n’achèterons pas ce mois-ci » exige un contrepoint critique. Il arrive un moment où il faut remettre les pendules à l’heure. Et mieux vaut très tard que jamais.

GBL

Si pour stigmatiser le recours aux substances illicites, aux psychotropes, pour dénoncer le marché noir aux mains d’organisations criminelles et mafieuses, le chroniqueur de La Décroissance avait choisi « La Coke », on aurait pu mesurer son courage... Il aurait même pu attaquer un géant du soda au passage. Mais prendre « Le Joint » relevait à la fois du facile intérêt (cartonner des organisations à gauche de l’échiquier politique) et de la bêtise crasse.

Plus que la « coke » ou le « shit », Raoul aurait pu s’attaquer par exemple au « GBL », nettoyant pour jantes de voiture, dont certaines molécules simplement mélangées avec du soda contribuent à fabriquer facilement un pseudo « Ecstasy », qui plus est indétectable par la police. On aurait compris que sa rubrique avait un intérêt réel en terme de prévention, tout autant que pour dénoncer le règne de la bagnole brillant de ses mille feux. En prenant « Le Joint », on se demande surtout si Raoul n’a pas commis une fuite-en-avant préjudiciable pour le mouvement en faveur de l’a-croissance économique. « Le Joint » ne peut pas faire figure de rustine pour celui qui -tel Raoul- pète une durite.

Or, dénoncer l’ordre géopolitique mondial et celui de l’accroissement du fossé Nord-Sud, démontrer les impasses du libéralisme économique, tout cela ne peut s’envisager sérieusement qu’en pointant l’hypocrisie des ennemis de « la drogue » avec leurs discours pleins de poncifs moralisants. Mais cela ne suffira pas à colmater toutes les failles du discours prohibitionniste... En effet, le sujet de la légalisation de certaines plantes stupéfiantes - sujet très rarement évoqué dans ce journal - est un révélateur important à beaucoup d’endroits. Les partisans de la fin de la prohibition des drogues savent bien qu’un monopole d’état en la matière est peu convaincant, et ils estiment primordial le respect des libertés individuelles.

Brève histoire de la prohibition

Les guerres de l’opium en Chine ont été le premier terrain d’expérimentation de la prohibition à grande échelle. Cinquante ans plus tard, on découvrit les produits de synthèse dérivés de l’opium et de la feuille de coca dans les laboratoires Bayer. C’est le début de la pharmacologie moderne, de son lobby de spécialisation qui mettra petit à petit sur la touche les médecines traditionnelles. C’est dans cette mouvance que naîtront les « cartels d’état » qui détiennent toujours le monopole de la production des produits placés sous le contrôle international, classés depuis 1961 comme stupéfiants sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (via l’ONUDC - Office des Nations Unies contre la drogue et le Crime - et l’OICS - Organe International de Contrôle des Stupéfiants -).

C’est aux U.S.A., à la suite de la catastrophique prohibition de l’alcool due à l’impulsion des ligues de tempérances - sorte d’écologistes primaires de la même espèce que Raoul Anvélaut - que la « marijuana » sera d’abord prohibée.

C’est à cette même époque que la découverte du Nylon par Dupont De Nemour parachève la prohibition du cannabis, donc du chanvre dans tous ses états, comme pour épargner les producteurs de coton et favoriser l’essor de la première fibre synthétique.

Ce n’est pas un hasard si pour soutenir leur effort de guerre contre le nazisme, les États-Unis lancèrent la campagne « Hemp for victory » en 1941 et légalisèrent à nouveau la production du cannabis comme un effort patriotique paraissant essentiel pour la victoire des alliés.

Faut-il rappeler aux lecteurs de La Décroissance qu’au début du siècle dernier, y compris en France, le chanvre - le cannabis sous toutes ses variétés - constituait plus de 80% du linge de maison, que les chinois inventèrent le papier en utilisant le chanvre, que le premier moteur Diesel fonctionna avec de l’huile de chanvre, que la biomasse de cette plante représente un trésor insoupçonnable quant à la variété des produits dérivés de cette plante. A l’heure de la lutte contre les effets des dérèglements climatiques, le « cochon végétal » que représente le cannabis serait une aubaine, malheureusement totalement ignorée !

Comparaison inutile : Alcool Vs Cannabis

Comparer une drogue légale tel l’alcool avec le produit d’une plante classée comme stupéfiant, donc illicite, est une absurdité. L’interdit moral n’a pas la même charge et l’interdit juridique n’a pas les mêmes conséquences. Sans parler des effets socio-sanitaires, dont une observation objective démontrera qu’ils sont aux antipodes. Nulle comparaison possible, même sur le pseudo argument de la sécurité routière : quand sous l’emprise de l’alcool une personne surévalue ses capacités et minore aveuglément ses écarts de conduite, l’appréciation d’une personne sous l’emprise du cannabis sera à l’inverse de sous évaluer sa maîtrise et d’avoir une conscience accrue de son état et de ses capacités. Une personne bourrée prendra sa voiture jurant maîtriser la conduite tel Fangio ou Senna ; tandis qu’une autre enivrée à la fleur de cannabis renoncera à prendre son volant jusqu’à ce qu’elle s’en sente capable et gardera une réserve de conduite plus vigilante... Et puis si l’on observe bien trois courbes, celle du nombre d’accidents mortels par rapport au nombre de véhicules constituant le parc automobile, avec celle du nombre d’usagers de cannabis, on observera que le nombre d’accidentés de la route a diminué alors que le nombre d’usagers de substances illicites a augmenté. Mais de cela ne parlons pas, continuons la litanie scientologue attribuant tous les maux de la Terre à la consommation du « joint ».

L’identité française est cannabique

A ceux qui ont prétendu, qui prétendent et prétendront que le cannabis est une drogue des "étrangers", faut-il rappeler l’origine du nom cannebière, celle du bonnet Phrygien, celle du Jean’s (la toile de Nîmes, donnant le nom Denim), les écrits de Rabelais ou Alfred de Musset, … ? Après quarante ans de lois prohibitives, il semblerait que toutes les nombreuses activités humaines liées au cannabis soient victimes d’un « lavage de cerveau ». Aujourd’hui, le mot « cannabis » provoque des réactions bizarres, notamment là où la prohibition est la plus forte. Comme si toute association à cette plante soit à considérer comme une alliance avec le diable ou à l’inverse celle de la défense d’une société ayant découvert une panacée.

Quand on évalue à quatre millions le nombre de citoyens qui enfreignent la loi chaque année, et près de 550 000 le nombre d’usagers réguliers, voire quotidien, et les 200 000 "autocultures" (autoproducteurs) - selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) - qui risquent une interpellation et au bout de la chaîne pénale une lourde condamnation, notamment par les effets de la peine plancher et/ou de la loi sur la récidive, si on y combine la dégradation des conditions de vies en zones périphériques et rurales, il ne faut pas être devin pour comprendre les conséquences désastreuses d’une telle politique.

Écologie des « purs » ou respect de la bio diversité

Il y a des faux amis et de vrais ennemis. Il existe des "écolo- fachos". Il existe des "écolo-tartuffes". En effet, tous les « objecteurs de croissance » prohibitionnistes, ceux qui revendiquent une société « sans drogue » sont légion dont Raoul Anvélaut se fait le porte-parole. Cette utopie « d’un monde sans drogue » est discriminante, raciste, fasciste. Elle nie l’histoire et ignore consciencieusement qu’il n’existe pas de société sans drogues. Que la « guerre à la drogue » est une guerre contre la nature humaine et un crime contre la nature et l’humanité. Sans doute les prohibitionnistes écolos s’imaginent que les lobbys pétro-pharmaceutiques, ceux de l’armement, ceux des paradis fiscaux et judiciaires, ceux des intérêts de la mafia... n’ont pas encore suffisamment prospéré ! Acceptent-ils le fait d’en être les défenseurs zélés ?

Revendiquer la légalisation du cannabis : c’est être pour l’a-croissance, c’est mettre fin au règne de l’argent roi et de la violence inhumaine du capitalisme, envisager la fin de la militarisation de la pensée pour abolir toutes les armées, ouvrant ainsi une nouvelle ère spirituelle, humaniste et écologiste, pour une vie de paix et d’harmonie... C’est cela aussi qui est revendiqué par les partisans de la "paix des drogues". L’enjeu de la légalisation, c’est le partage des richesses, une économie sociale et solidaire, une nouvelle révolution agraire, une relation pacifiée entre l’humanité et la planète. Et bien entendu la défense une valeur essentielle, celle de la liberté de chaque individu d’accomplir ce qui lui semble bon pour lui, sans nuire à la santé d’autrui.

Pour la décroissance des Pisse-froid ?

Il est clair que pour beaucoup perdure le vieux cliché du baba-écolo, guitare en bandoulière, pétard au bec, bon vivant, les idées au vent... Et c’est triste ! Seulement, ce n’est pas en passant pour plus ringards que les droitiers à l’œuvre depuis de longues décennies que l’on changera l’image des écologistes. Ce n’est pas l’antienne « anti-cannabis » qui responsabilisera les défenseurs de l’écologie politique, au contraire.

S’attaquer au capitalisme prédateur, à la loi de la jungle néolibérale en matière économique et financière, abolir les paradis fiscaux et judiciaires, lutter contre la corruption, mettre à mal les organisations criminelles, ce n’est pas une petite partie de plaisir et l’on est encore loin du grand éclat de rire final. Pourtant, à chaque spliff qui s’allume, à chaque « joint » qui se consume, en conscience, « ganja man & ganja lady burn babylon ».

Europe décroissance Vs Cannabis Sans Frontières.

Soyons polémiques. Lors des élections européennes 2009, une liste « Cannabis Sans Frontières – alternative écologique » était en concurrence avec une liste « Europe Décroissance » dans la région Ile-de-France. Nous n’avions pas, comme eux, la diffusion d’un spot télévisé. Pourtant, en diffusant seulement 320 000 bulletins de vote dans un peu plus d’une cinquantaine de mairies autour de la capitale, la liste du collectif CSF a obtenu un meilleur résultat en moins de quatre semaines de campagne réelle. Avec le panneau N°3, généralement situé face au 2 du Front National, nous n’avons pas eu à rougir de notre participation, au contraire. Un véritable plaisir de voir des personnes s’approprier notre panneau avec leurs collages originaux, tandis que le panneau du parti frontiste était comme à l’accoutumée affublé de gribouillis. Une sorte de fierté que nous ressentions au contact de ceux et celles qui s’arrêtaient pour nous encourager lors de nos collages. Concrètement, nous avons obtenus 4015 suffrages, tandis que la liste décroissante en affichait 1015. 4 fois plus !

N’est-il pas temps pour les partisans de l’écologie politique, pour les promoteurs de la décroissance comme pour Les Verts, également pour les éco-spiritualistes ouverts sans compter tous ceux qui se réclament de l’anti-sarkozysme, de faire la part des choses et de comprendre qu’il y a quatre fois plus d’intérêts à prendre en compte sérieusement la dimension antiprohibitionniste inhérente au projet de société juste et équitable, que tous nous revendiquons ?

http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/ER2009/07/07.html

http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/ER2009/07/011/075/075.html

Voir en ligne : Pour lire le Contrepoint (2)

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