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Elections 2017

Aux présidentielles, la beuh fait débat

Par Pierre de Baudouin

« Il faut légaliser ». Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait le 1er décembre que le meilleur moyen de combattre le cannabis passait par sa légalisation, n’est pas le premier politique à s’opposer à la prohibition de la marijuana. Benoît Hamon chez les Socialistes, Jean-Luc Bennahmias à la primaire de la gauche, Yannick Jadot pour les écologistes…

BENOIT HAMON (PS).- Le député PS est pour une légalisation afin de « tuer ces trafics » qui sont une « vraie gangrène ». « Ce qui fait qu’aujourd’hui ces bandes prospèrent (...), c’est l’économie du cannabis », a dit l’ex-ministre le mois dernier. « S’il n’y pas de légalisation, c’est-à-dire si on ne casse pas ces économies parallèles, nous ne reprendrons pas la main (...) Si on veut ramener la République (sur les lieux de trafic), il faut en passer par là », a-t-il martelé.

Mais les politiques qui roulent pour la légalisation ne se classent pas tous à gauche : alors qu’Emmanuel Macron reconnait « une forme d’efficacité » à la légalisation, le centriste Jean-Christophe Lagarde estime un « intérêt à organiser la consommation du cannabis ».

Pour l’instant, pas la peine d’aller trop à droite non plus. François Fillon, fraîchement désigné pour l’élection présidentielle, s’oppose farouchement à toute évolution de la loi. En janvier, le candidat se déclarait « contre la dépénalisation ou libéralisation ».

Liberté, égalité, THC

Si l’herbe divise dans l’arène politique, la beuh fait aussi débat entre citoyens.

A l’approche de l’élection présidentielle, le cannabis rentre à nouveau dans le débat politique. Mais que pourrait bien donner un marché légalisé de la marijuana en France ?

« Il faut légaliser ». Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait le 1er décembre que le meilleur moyen de combattre le cannabis passait par sa légalisation, n’est pas le premier politique à s’opposer à la prohibition de la marijuana. Benoît Hamon chez les Socialistes, Jean-Luc Bennahmias à la primaire de la gauche, Yannick Jadot pour les écologistes…

Mais les politiques qui roulent pour la légalisation ne se classent pas tous à gauche : alors qu’Emmanuel Macron reconnait « une forme d’efficacité » à la légalisation, le centriste Jean-Christophe Lagarde estime un « intérêt à organiser la consommation du cannabis ».

Pour l’instant, pas la peine d’aller trop à droite non plus. François Fillon, fraîchement désigné pour l’élection présidentielle, s’oppose farouchement à toute évolution de la loi. En janvier, le candidat se déclarait « contre la dépénalisation ou libéralisation ».

Liberté, égalité, THC

Si l’herbe divise dans l’arène politique, la beuh fait aussi débat entre citoyens.

Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies la consommation d’herbe présente bien des risques, selon la tolérance de chacun : risque d’accident au volant, perte de mémorisation et d’apprentissage, hallucinations, troubles anxieux, fatigue, difficultés de concentration, dépression, dépendance, problèmes relationnels, et même troubles psychiatriques…

Bon, on l’a bien compris, la drogue c’est mal.

Sauf que, risqué ou pas, les Français fument. Et pas qu’un peu : il y aurait près de 800.000 consommateurs quotidiens, et près d’1,4 million de fumeurs à la semaine ou au mois. L’Hexagone et son fort niveau de consommation se démarquent nettement de ses voisins européens. En 2014, presque 50 % des jeunes français de 17 ans déclarent avoir fumé du cannabis au cours de leur vie.

Farid Ghehioueche, de Cannabis Sans Frontières, n’a « jamais autant cru » à la légalisation qu’aujourd’hui. Fondateur de l’association, il espère voir bouger les choses d’ici 2022 : « il n’y pas de raison pour que la France reste perdue au fond de sa caverne. La prohibition est intenable et inefficace. »

Le porte-parole juge la prohibition anti-chichon discriminatoire envers les jeunes pauvres issus des quartiers défavorisés, principalement visés par la police. Mais aussi hypocrite, au pays de la clope et du vin :

Mais quel modèle de légalisation pour la France ? Aux Etats-Unis, les Etats de Washington, d’Alaska et de Californie ont choisi la libéralisation. En 2016, les ventes légales de cannabis dans le Colorado ont déjà dépassé le milliard de dollars.

C’est le premier Etat américain à avoir passé le cap en 2012, aussi bien pour la consommation médicale que récréative. Floyd Landis, vainqueur déchu du Tour de France 2006, a d’ailleurs profité de la légalisation pour se lancer dans le business de la weed.

Le Canada de Justin Trudeau s’apprête lui à légaliser le cannabis, avec une loi prévue en 2017 pour dépasser l’usage thérapeutique, déjà autorisé.

Yes, we can(nabis)

Les modèles étrangers, qui pourraient guidés vers du capitalisme pur ou vers un monopole strict d’Etat, Farid Ghehioueche en a un peu peur : « Pour passer d’un modèle où pour deux grammes d’herbe on se retrouve en garde-à-vue, où tout est interdit, à un système où l’on organise le commerce, il va falloir réfléchir ».

Taxer la beuh selon le taux de THC (tétrahydrocannabinol, principale molécule active du cannabis) ? Autoriser les fumeurs en public ? Les débats seront nombreux, mais le militant pro-légalisation défend un modèle « à la française » et un « droit à l’autoproduction » : « Chaque usager pourrait cultiver sa propre plante, pour limiter le recours au marché et responsabiliser la consommation. »

Farid Ghehioueche a déjà même imaginé des « Cannabis social clubs », des associations d’usagers, à but non lucratif. Pour endiguer les risques liés à la consommation de weed, il milite pour un titrage clair des produits. Origine, variété, composition… « On peut imaginer un petit pictogramme pensé pour une beuh pour la journée, et un pour une beuh du soir, pour dormir ».

« En France, on n’est pas plus con qu’ailleurs, revendique le représentant de Cannabis Sans Frontières. On peut s’inspirer des différentes expériences à l’étranger pour développer un nouveau modèle, avec nos propres particularités ». Comme pour toute culture, la France pourrait même jouer sur ses propres spécialités : des variétés d’herbe comme le zamal à la Réunion, ou le pakolo dans le Pacifique.

En attendant les prochains débats politiques, Farid Ghehioueche est candidat pour 2017. Pas à la présidentielle, non, mais aux législatives. Déjà lancé dans des élections dans le passé, le militant s’apprête à affronter Nicolas Dupont-Aignan dans la huitième circonscription de l’Essonne. Le credo ? « Yes, oui cannabis ».

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