Menu

Accueil > Paroles Libres

"Nous militons pour la dépénalisation des drogues", Bénédicte Desforges du Collectif Police Contre la Prohibition (PCP)

Le collectif réunit les policiers et les gendarmes qui sont favorables à une réforme des politiques publiques des drogues et un changement de législation. Policiers et gendarmes sont en amont de la chaine pénale et en charge de la répression, il est donc normal et cohérent que nous intervenions dans le débat.

Généralement, les anti-prohibitionnistes abordent la problématique des stupéfiants sur le plan de la santé publique. Nous, nous nous intéressons plus particulièrement à l’aspect répressif et ses modalités. La prohibition et la répression ont des effets négatifs sur la santé publique, cela a même fait l’objet en juin 2017 d’un communiqué commun de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’ONU demandant urgemment que cesse la répression des usagers des drogues.

Que demandez-vous concrètement ? 

En préalable de tout autre changement dans la législation (NDLR : loi de décembre 1970 qui punit l’usage de drogues d’un an de prison et de 3750 euros d’amende), nous plaidons pour une dépénalisation de l’usage de toutes les drogues.

La répression n’a aucun effet dissuasif, aucun impact sur la consommation comme le montrent les rapports de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies) et un effet complètement marginal sur les enquêtes de trafic.

Le délit d’usage de stupéfiants a la particularité de présenter un taux d’élucidation de 100 % : aussitôt constaté, le délit est élucidé et vient booster un chiffre global d’activité policière. On comprend alors que les chefs de service soient tentés de donner des consignes d’interpellation d’usagers de drogues.

Pour ce faire, on s’en prend à ceux qui sont visibles dans l’espace public. Et ce sont toujours les mêmes quartiers et populations qui sont ciblés. C’est d’autant plus injuste que l’usage touche tous les milieux sociaux. 

Cela explique donc que les forces de l’ordre usent et abusent des contrôles d’identité…

Oui, ces contrôles répétés sont des prétextes à la fouille de poches pour la recherche de ce délit mineur qui ne présente aucun danger pour autrui. Ce qui est incohérent, c’est que dans la police tout est chiffré et mis sous forme de statistiques, sauf les contrôles d’identité qui ne sont pas comptabilisés.

Voir en ligne : Le courrier de l’Atlas

Dans  Politique

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Soutenir par un don